Drapeau_Bosnie-Herzegovine Bosnie-Herzégovine

Carte_Bosnie-HerzegovineEn bref

Office du tourisme
Patrimoine Unesco
Les conseils de France diplomatie
Quand y aller
Budget moyen : 55€/jour/personne
Langues : bosniaque, croate, serbe
Nombre d’habitants : 3,5 millions (2026)

 
 
 
 
 
 

Carnet de voyage aux Bosnie-Herzegovine

Quand
Conditions
Ce qu’on attendait de la destination
Bilan
Nos conseils
Où nous sommes allés
La prochaine fois
Galerie photos

Quand : 2 semaines en août 2026.

Conditions : Avec notre propre véhicule, lors d’un roadtrip à travers les Balkans. Logements réservés à l’avance sur Internet.

Ce qu’on attendait de la destination : Continuer notre découverte des Balkans avec ce pays dont nous avions entendu le plus grand bien.

Bilan : Perturbant les premiers jours, alors que nous étions dans la Bosnie peu touristique où les stigmates de la guerre étaient présents partout (maisons abandonnées, impacts de balles, monuments aux morts très nombreux). Il a aussi fallu comprendre le fonctionnement administratif du pays avec une République Serbe de Bosnie occupant la moitié du territoire, où la vie et la culture sont très différentes du côté bosno-croate. Mais en restant plus de deux semaines nous avons réussi à voir la gentillesse des habitants, réminiscence de l’histoire ottomane du pays et à accepter qu’on ne pourrait pas tout comprendre de ce pays en perpétuelle mutation. Niveau qualité-prix c’est encore très intéressant. Pas d’arnaques ni d’embrouilles en vue. Et un grand bravo pour la préservation de la nature, qui n’est pas forcément une qualité partagée dans cette région.

Nos conseils : Ne pas se contenter d’une incursion à Mostar depuis Dubrovnik, comme beaucoup trop de touristes. Certes dans ce coin il y a beaucoup à voir, mais ce serait avoir une approche biaisée de ce patchwork tant culturel que naturel qu’est la Bosnie-Herzégovine. Suivant où on se trouve, les influences sont bien sûr multiples et diverses. On peut alterner entre villes vibrantes (magnifique Sarajevo) et sensation d’être seuls en plein été en Europe. Ne pas hésitez aussi à demander de l’aide ou des conseils : malgré des airs parfois un peu bourrus comme souvent dans les Balkans, les Bosniens – plus précisément les Bosniaques musulmans – sont accueillants.

Où nous sommes allés :

Parc national de la Una. Nous sommes arrivés depuis les chutes de Plitvice en Croatie. Peu de route mais deux heures pour passer la douane sans qu’on comprenne vraiment pourquoi, il n’y avait pas de difficultés particulières mais la procédure était longue pour certaines voitures devant nous. Nous nous sommes basés dans l’adorable village de Kulen Vakuf, au bord de la rivière Una aux couleurs magnifiques. C’est un point de départ pour les activités de canyoning et rafting. Sa position centrale dans le parc permet de tout visiter en une journée. Au nord, la cascade de Strbacki Buck, située sur la frontière avec la Croatie, offre l’image la plus connue de la région. Nous sommes arrivés vers midi, à l’heure où les groupes de rafting descendent la rivière. Alors que les clients nous rejoignaient sur la rive pour contourner la cascade, les moniteurs se sont livrés à un concours de plongeons de 25 mètres pour accompagner leur bateau le long du parcours. Impressionnant et sûrement dangereux vu les acrobaties auxquels ils se livraient ! On découvrira par la suite que les Bosniens adorent plonger d’à peu près partout, à tous âges, et que les concours sont nombreux. Au sud du parc, c’est le petit hameau de Martin Brod qui constitue une pause agréable. Tout se fait à pied, avec un grand parking à l’entrée. On commence par le très beau monastère orthodoxe de Rmanj, dans son écrin entouré de montagnes. Fondé en 1498 il fut endommagé et reconstruit plusieurs fois, comme de nombreux édifices religieux du pays. 10 minutes plus loin on arrive à Veliki Vodopad (la grande cascade), une succession de chutes sur 54 mètres. En amont comme en aval il y a plusieurs promenades possibles, pour monter à une vue panoramique ou pour se faire peur avec le pont suspendu au-dessus de la Una.

Jajce. Ville presque incontournable sur la route de Sarajevo. Nous n’y avons passé qu’une nuit mais il y aurait de quoi y rester plus longtemps. Nous sommes arrivés par le chouette lac Plivsko jezero dédié à la détente (restaus, pédalos, baignade…). Ne pas louper les photogéniques et assez uniques moulins de Mlincici. A quelques kilomètres de là, la ville de Jajce est la seule au monde à être construite sur des chutes d’eau. Quand on prend du recul la vision est saisissante. Il est aussi possible moyennant un droit d’entrée d’aller au pied des chutes de la Pliva pour une douche rafraichissante. Chaque année début août y a lieu un grand concours de plongeons. Dans l’agréable vieille ville en partie piétonnière, les curiosités à visiter son légion  et de toutes les époques historiques : porte ottomane, catacombes chrétiennes, tour médiévale… Coup de cœur pour la forteresse du 14eme siècle qui surplombe la ville. Construite par les rois bosniens, elle a été occupée par les Ottomans puis par les Austro-hongrois. Nous y étions en fin d’après-midi, seuls, pour profiter des grands espaces, de la belle vue sur la vieille ville et de la superbe lumière.

Travnik est au cœur de la Bosnie centrale. Nous nous y sommes arrêtés pour une pause déjeuner mais là encore il y aurait de quoi faire. Cette ancienne capitale des rois bosniens possède encore de beaux monuments (se procurer la carte touristique donnée dans les commerces). C’est la ville natale de l’écrivain le plus connu du pays, Ivo Andric, Prix Nobel de littérature pour le Pont sur la Drina. Nous avons été éblouis par la mosquée Sarena. Construite en 1815, c’est la plus colorée du pays. Ses décorations extérieures et intérieures ne laissent pas indifférent, de même que ses arcades au rez-de-chaussée qui abritaient des magasins d’étoffes (on parlait de bezistan).

Sarajevo. On ne vous fera pas l’offense d’écrire tout ce que peut évoquer ce nom, ville d’Histoire et d’histoires. Qui aura connu les lumières de la fin du titisme lors des jeux olympiques d’hiver de 1984 puis le pire à peine 8 ans plus tard… Nous avions la chance d’avoir un logement sur les hauteurs de la ville, avec une terrasse permettant d’embrasser toute la ville. Le cœur de la ville est le quartier Bascarsija. Sur quelques rues piétonnes se concentrent les monuments ottomans et austro-hongrois et les incontournables qui ont donné ses lettres de noblesse à la ville. Le pont latin a vu l’archiduc François-Ferdinand, héritier de l’empire austro-hongrois être assassiné, ce qui fut le départ de la Première Guerre Mondiale. La Vijecnica, imposante bibliothèque, a été détruite le 25 aout 1992 par les Serbes : 2 millions de documents furent détruits. Aujourd’hui elle abrite la mairie et un musée qui retrace les heures sombres de la ville. La place Sebilj avec sa fontaine ottomane et ses pigeons est le lieu de passage favori des touristes comme des habitants ; quelle que soit l’heure, il y a foule ! On a aimé se promener dans les ruelles commerçantes, voir les beaux étals de loukoums, découvrir des cafés ou petits restaurants nichés dans des courettes, passer de mosquées en caravansérails… Il règne dans la ville une atmosphère unique et vraiment attachante. En quelques minutes de marche et de téléphérique, nous nous sommes transportés dans une tout autre Sarajevo : celle de la nature, de la montagne, des grands espaces. Le Mont Trebevic complète très bien une journée en ville. On peut découvrir les vestiges des JO de 1984 et surtout la piste de bobsleigh abandonnée au street art. A parcourir à pieds ou en vélos.

Ilidza est la banlieue de Sarajevo, à quelques minutes de voiture. Les attractions y sont nombreuses et nous y avons consacré une journée entière. C’est ici que débouchait le « tunnel de l’espoir », creusé à la main en 1992, qui permit de briser le siège de Sarajevo. On peut visiter la maison qui le cachait et voir une exposition intéressante pour comprendre les enjeux et les conséquences de ce siège de près de 4 ans de la ville par les forces serbes. Endroit très important pour les Bosniens qui s’y rendent en nombre, le parc classé « monument naturel » Vrelo Bosne est la source de la rivière Bosna, qui a donné le nom au pays. De quoi faire une agréable promenade rafraichissante, et une pause sympa pour les filles car il y a de nombreux jeux enfants. Toujours pour les enfants, un endroit qu’on recommande vivement, avec un rapport qualité-prix imbattable : Termalna Riviera, un énorme complexe aquatique très bien entretenu et tellement grand qu’on n’y est pas oppressés l’été. De très belles infrastructures en pleine ville pour une poignée d’euros, les filles se sont régalées tout un après-midi !

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Parc national de la Sutjeska Direction sud-est, à la frontière du Monténégro. C’est une tout autre ambiance que la capitale, alors que seulement 1H30 nous en sépare. On retourne ici en République serbe de Bosnie. Aussi l’arrivée dans la plus grande ville du parc, Foca, peut paraitre un peu austère avec ses monuments soviétiques. Nous n’y sommes restés que pour déjeuner et voir la mosquée (détruite en 1992 comme dans toute la région et reconstruite récemment) et l’imposante église orthodoxe. Nous avons continué la route vers notre destination pour deux jours, le hameau de Tjentiste. Il faut s’organiser un minimum car ici on est vraiment loin de tout : pas de magasin, trois restaurants très simples. Peu importe puisqu’on y est avant tout pour profiter de la nature. Petite déception à notre arrivée car nous étions censés avoir à 2mn la plus grande piscine naturelle (avec l’eau de la rivière voisine) d’Europe, mais cet été-là elle était vidée pour réparation… Il y avait quand même de quoi faire à quelques kilomètres de là. Le Monument National de la Sutjeska notamment, qui est l’un des monuments les plus célèbres de Bosnie. Cette sculpture en béton armé de 20 mètres fut édifiée dans les années 1970. Située dans un cadre magnifique au pied des montagnes, elle rend hommage aux combattants titistes qui ont combattu les nazis et leurs alliés en 1943. C’est censé représenter des ailes, ça se discute, mais c’est en tout cas très impressionnant. Le lendemain, nous sommes montés en voiture jusqu’au pied du Maglic, plus haut sommet de Bosnie avec 2400 mètres. Nous n’étions pas sûrs que le chemin non carrossable était faisable avec notre Auris, mais en fait si, en y allant très doucement. Nous sommes arrivés sur le magnifique plateau de Prijevor sans encombre. De là, plusieurs balades ou randonnées plus compliquées sont possibles, dans un cadre enchanteur. Il y a aussi beaucoup de bivouacs pour les courageux (ça souffle au sommet) !

unescoMostar Ce n’est pas que cette ville mais toute la région qui mérite de s’y arrêter et d’y passer plusieurs jours. Les touristes ne s’y trompent pas, qui sont ici beaucoup plus nombreux qu’ailleurs, beaucoup venant à la journée depuis Dubrovnik. Après la montagne à l’air frais nous sommes arrivés dans une vallée ou plutôt une cuvette où la chaleur nous a assaillis. Il faut donc prévoir les visites tôt ou tard, et profiter des piscines, rivières ou lacs en pleine journée. Mostar donc, est malheureusement connu pour son vieux-pont. Datant du 16ème siècle, chef d’œuvre architectural ottoman qui reliait les deux rives de la rivière, il a été détruit sous les caméras du monde entier le 9 novembre 1993 par les Croates. L’UNESCO mettra plus de 10 ans pour le reconstruire. Aujourd’hui c’est la star de Mostar, on s’y précipite, on paie une fortune pour passer dessous en barque (pas nous), on glisse dessus (attention aux pierres polies !). On peut aussi assister à un plongeon des locaux : 25 mètres de chute dans une eau à 10 degrés ! Nous avons visité de part et d’autre du pont la vieille ville Stari Grad et ses nombreuses magasins et la maison Kajtaz, restée dans son jus qui donne à voir les maisons de style ottoman. Notre plus beau moment ? La visite de la mosquée Koski Mehmed-Pacha du 17ème siècle : l’entrée est assez chère mais gratuite pour les musulmans à l’heure de la prière. Avec Nora nous sommes montées en haut du minaret qui fait tour d’observation pour une vue sublime sur la ville, son environnement et son pont auquel on revient toujours.
A vous le bon resto : Lagero. Ils sont plusieurs à offrir une vue sur le vieux-pont. Comme on ne peut pas réserver, il est parfois compliqué d’avoir une place en terrasse. C’est la chance que nous avons eue en déjeunant chez Lagero, où l’accueil fut d’ailleurs très attentionné pour un endroit si touristique. Ici comme ailleurs ce sont les Cevapi les incontournables. Mais le gros bonus est bien sûr la vue sur le Vieux Pont et toute la rive opposée.
Blagaj. Non loin de Mostar, la capitale du culte soufi a de quoi passer quelques heures. La ville est connue pour son tekké (lieu de culte soufi donc un monastère derviche) vieux de 400 ans. Il est construit au-dessus de la source de la rivière Buna, à flanc de falaise. Nous ne l’avons pas visité car il est parait-il assez vide, et le plus intéressant est de le voir de l’extérieur – nous l’avons fait de jour comme de nuit. Dans ce très bel écrin les restaurants sont nombreux mais vraiment suroccupés et très chers – mieux vaut s’éloigner. Il y a en effet des restaurants plus modestes et au calme le long de cette même rivière – par exemple l’hôtel-restaurant où nous avons passé 3 nuits et qu’on recommande : le Motel Kolo. Blagaj c’est aussi sa magnifique forteresse médiévale. Nous l’avions vue dès le premier jour et notre arrivée en voiture, dans un panorama époustouflant. Nous y sommes allés un soir, quand il faisait moins chaud, à pieds donc car il n’y a pas d’autres moyens de s’y rendre. Ca grimpe c’est assez rude mais la vue sur toute la vallée de la Neretva jusqu’à Mostar est spectaculaire.
Chutes de Kravica. Quelques mots pour dire qu’on ne vous recommande pas cette sortie dont on voit la publicité partout. A la base ça devait être un site enchanteur : un amphithéâtre de chutes d’eau de 30 mètres qui tombent dans des bassins où l’on peut se rafraîchir. Ca a été bétonné, dénaturé et c’est surtout blindé de groupes alors que le lien et le manque de places ne s’y prêtent pas du tout. Bref on oublie.
Pocitelj. Non loin des chutes, un village maintenant presqu’inhabité mais au charme médiéval certain. Il faut s’armer de courage (et de beaucoup d’eau) pour parcourir ses ruelles en pavés et voir ses belles maisons ottomanes. Deux points de vue opposés et complémentaires : d’un côté l’ancienne garnison, de l’autre, à 30 minutes à pieds, l’habituelle forteresse. Au milieu, les toits du village, sa belle mosquée, sa tour de l’horloge et en toile de fond la belle rivière Neretva.

unescoStolac Arrêt sur la route du sud et du retour vers la Croatie. Il y a apparemment de jolies cascades mais elles étaient à sec en été. Par contre il faut prendre un peu de temps pour s’arrêter littéralement en bord de route pour la nécropole de Radimlja. Elle abrite plus de 130 pierres tombales médiévales en pierres, appelés stecci. Les nécropoles de la région sont classées à l’UNESCO car elles sont très bien conservées et témoignent de l’organisation en clans puissants qui étaient la règle aux 13ème-15ème siècles. On en fait vite le tour mais c’est l’occasion de voir la fameuse gravure de « l’homme à la main levée » aux explications ésotériques nombreuses.

Trebinje Dernier stop avant le retour en Croatie, Dubrovnik n’étant qu’à une heure de route. C’est la ville serbe la plus sympa parmi celles qu’on a vues, avec un rapport qualité-prix vraiment très bon. Il y a peu de touristes et la ville est à taille humaine, lovée autour de la rivière Trebišnjica à la couleur irréelle. Comme souvent en Bosnie, le point à ne pas rater est un pont, en l’occurence le pont Arslanagic, très reconnaissable avec ses arches. Construit en 1574 il fut déplacé pierre par pierre dans les années 1960. La vieille ville ottomane appelée kastel a pas mal souffert de la guerre et est pour le moment un lieu de sorties inhabité. Le centre tout proche est agréable avec ses parcs idéaux pour les familles et sa place des platanes. Pour prendre un peu de hauteur, quelques minutes en voiture permettent de rejoindre la colline de Crkvina et son très beau et récent monastère orthodoxe Gracanica. De là on voit la ville d’un côté, le Monténégro de l’autre.

La prochaine fois : Tout pareil mais à une autre saison, moins touristique et plus douce !

Un peu de musique en regardant les photos ? Lejlachanson par Hari Mata Hari, chanson qui a eu son petit succès lors du concours de l’Eurovision 2006.