Drapeau_Afrique_du_Sud Afrique du Sud

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Patrimoine Unesco
Les conseils de France diplomatie
Quand y aller
Budget moyen : 70€/jour/personne
Langues : zoulou, xhosa, afrikaans, sotho du nord, anglais…
Nombre d’habitants : 65 millions (2026)

 

Carnet de voyage en Afrique du Sud

Quand
Conditions
Ce qu’on attendait de la destination
Bilan
Nos conseils
Où nous sommes allés
La prochaine fois
Galerie photos

Quand : 2 semaines et demie en avril 2026.

Conditions : Location d’une voiture et tour de 3’500 kilomètres à partir de Johannesburg, logements (souvent des appartements avec cuisine, appelés self-contained) réservés sur Internet, un HomeExchange.

Ce qu’on attendait de la destination : Enfin découvrir la nation arc-en-ciel, qui nous faisait envie depuis si longtemps ! D’avoir une proximité avec la vie sauvage, pour la première fois avec les filles.

Bilan : Contrat rempli ! Nous étions déjà allés tous les 2 au Kenya pour un safari mais voir par nous-mêmes des animaux avec les filles c’est un cran au-dessus en terme de magie ! Tout nous a semblé facile, de la réservation de super logements à l’accueil dans les parcs nationaux. Tout est organisé à l’anglo-saxonne, les villes comme les activités. On gagne en efficacité ce qu’on perd un peu en dépaysement parfois..

La note d’Elina et Nora !  : 8/10 ! On a vu plein d’animaux, c’était incroyable ! On cherchait les animaux nous-mêmes avec nos jumelles, on était très fières d’en trouver. Hors des parcs, il y a toujours des jeux pour les enfants, dans les restaurants par exemple. Les gens étaient super gentils avec nous. Ce qui était fatigant c’était l’avion pour y aller et les heures de voiture, mais ça valait le coup !

Nos conseils : Nous vous donnons les mêmes conseils que vous lirez partout concernant la sécurité, notamment le soir et dans les grandes villes. Oui il faut être prudent et ne pas se déplacer à pieds même pour une courte distance. Les gens sur place nous l’ont confirmé, rentrent chez eux très tôt et on voit bien dans les grandes villes les dispositifs de sécurité partout. Ceci étant dit il faut très vite dépasser cette appréhension. En journée tout le monde sort normalement et dans les coins reculés où nous étions seuls nous n’avons jamais ressenti de gêne. Un conseil très important pour le Kruger : il faut réserver très très tôt si vous voulez dormir dans le parc – ce que nous recommandons +++

Où nous sommes allés :

Johannesburg. Joburg pour les intimes. Difficile d’imaginer que cette ville tentaculaire n’existait pas il y a encore 150 ans et que c’est la découverte de l’or en 1886 qui a littéralement fait naître la ville au milieu de nulle part. Aujourd’hui c’est la capitale économique du pays (rappelons que la capitale administrative est Tshwane, anciennement Pretoria). Elle attire beaucoup de Sud-Africains en quête d’emploi, mais aussi des habitants de toute l’Afrique australe, voire au-delà. Le résultat est une ville éclatée en une multitude de quartiers où la mixité ne règne pas toujours, parfois faite d’habitats très étendus, parfois très verticale (oui, il y a bien une skyline à Joburg). Comme il est difficile de s’y déplacer, nous avons joué les bons touristes et pour la première fois nous avons pris une visite d’une journée avec les fameux bus rouges hop on/hop off. Les filles étaient ravies, les commentaires dans 15 langues très intéressants, et en une journée nous avons pu faire un tour bien complet et nous arrêter aux principaux points d’intérêt que nous avions repérés. Constitution Hill nous paraissait une bonne entrée en matière pour sensibiliser les filles à l’histoire mouvementée du pays. Ce fort transformé en prison, qui a eu comme détenus célèbres Gandhi et Mandela permet de voir que l’apartheid régnait là aussi, les prisonniers noirs (souvent pour raisons politiques) étaient encore plus mal traités que les rares blancs (de droit commun). Le musée de l’apartheid a l’air passionnant mais avec les filles nous avions peur que ce soit long et moins vivant que cette visite. Toujours dans le cadre de ce tour en bus rouge, nous avons fait un décrochage en petit groupe pour visiter Soweto avec un guide. A l’instar de favelas à Rio ou de la Comuna 13 à Medellin ce township autrefois le plus dangereux de la ville s’ouvre et renait en partie grâce au tourisme. Les émeutes de Soweto en 1976 ont jeté une lumière crue sur ce quartier d’un million d’habitants. Avec le guide nous avons fait le tour des lieux historiques comme la maison de Nelson Mandela, celle de Desmond Tutu dans la même rue et les lieux de la manifestation où la police a tiré sur la foule de collégiens. Nous résidions dans le quartier de Rosebank, très touristique et surtout un des plus sûrs. La proximité du Rosebank Mall et du départ du bus rouge était un vrai plus.

Blyde River Canyon. Un incontournable pour scinder la route vers le parc Kruger. C’est le troisième plus grand canyon du monde et par beau temps le panorama est magnifique. Nous vous conseillons de bien étudier ce que vous comptez voir le long de cette route car les arrêts sont nombreux et… payants pour la plupart – donc ça chiffre vite ! Nous avons choisi de voir, du sud au nord le long de la route panoramique :
Lone Creek Falls, sa position à quelques kilomètres de pistes de la route principale garantit son calme, nous étions seuls pour voir cette cascade entourée de verdure, qui offre une possibilité de balade dans la forêt de mousse
Wonderview un peu après Gods Window mais gratuit, d’ici nous avons pu utiliser le drone et profiter de la vue dégagée jusqu’au Mozambique
Berlin Falls, bel aménagement, 45 mètres de haut et très beaux spots photos
Bourke’s Luck Potholes contrairement aux autres arrêts, ici il faut bien compter deux heures pour faire la balade le long du lit de la rivière et sur les ponts suspendus. Les plus courageux prendront leur maillot pour se baigner dans les « potholes », les marmites de géants.
Lowveld View, un peu avant les Three Pinnacles mais gratuit, d’ici on voit bien le canyon creuser son sillon dans les montagnes.

Le Parc Kruger. Attention pépite ! L’un de ces lieux magiques dont on entend le nom depuis l’enfance et qui pour le coup est à la hauteur de sa réputation. C’est le parc des superlatifs, grand comme deux fois la Corse, il abrite 150 espèces de mammifères dont 12’000 éléphants. Nous conseillons vivement de passer une ou plusieurs nuits à l’intérieur du parc, ce qui constitue une expérience unique et tout à fait abordable ! Tout est géré par le SAN Parks, le site public de l’État, et même s’il n’est pas très intuitif (c’est peu de le dire) il est très démocratique puisque tout le monde y a accès, pour des prix en général modiques. Il y a 21 camps dans le parc, mais dans les périodes de forte affluence (décembre-janvier et juillet-août) il ne reste parfois aucune chambre des mois avant ! Il faut donc s’y prendre très tôt. Nous y avons passé 3 nuits et ne nous sommes jamais ennuyés, ni dans le parc avec ses centaines de kilomètres de pistes, ni dans les camps, certains ont des piscines ou de super restaurants. Ceux du sud sont les plus prisés puisque c’est dans cette zone qu’il y a le plus d’animaux. Nous pouvons conseiller les camps de Satara (nous y avons passé une nuit), de Skukuza (2 nuits) et aussi Lower Sabi, Berg en Dal et Pretoriuskop dont les noms reviennent souvent chez les voyageurs. Ce qui est incroyable avec ce parc, et plus largement en Afrique du Sud, est que contrairement au Kenya ou à la Namibie, il est possible de le parcourir avec son véhicule. Pas besoin de Ranger ou de tour en groupe, on paie juste l’entrée journalière (et c’est vraiment pas cher) et c’est parti ! Carte en main, jumelles au cou, appareil photo pas loin, l’aventure, la vraie. C’était donc à nous de trouver les animaux, un jeu incroyable pour les filles. Mais pas pour autant compliqué, puisque la plupart des animaux étaient très proches de la route, souvent dessus, voire entre les voitures, sans que cela ne semble les émouvoir, se sachant en sécurité. Les visiteurs ont bien sûr l’interdiction absolue de sortir du véhicule et reçoivent des consignes très précises à suivre vis-à-vis des éléphants. Il faut s’organiser pour les toilettes, les repas, le couvre-feu de 18h, mais on s’adapte ! Dès notre arrivée nous avons acheté le guide papier très pratique avec toutes les cartes, des infos sur le parc et surtout la présentation précise, dessins à l’appui, des animaux que l’on croise et qu’on peut ainsi cocher. Nous avons fait une seule sortie organisée avec un ranger, pour le lever de soleil (départ à 4h45 – ça pique !). Nous n’avons pas vraiment vu plus d’animaux mais appris des choses et pu profiter du parc hors des horaires habituels (6h-18h). On a donc adoré ces 4 jours pleins de surprises et il ne nous a manqué que le rhinocéros parmi les Big Five (lion, lépoard, éléphant, buffle et rhinocéros) – mais nous l’avons trouvé un peu plus loin.

Pause en Eswatini
En Es…. Quoi ? Si on vous dit Swaziland, ça vous parle peut-être plus ? Pour aller du sud du Parc Kruger vers la côte Pacifique, le plus simple est de traverser ce petit royaume coincé entre l’Afrique du Sud et le Mozambique. Les formalités pour traverser la frontière sont simples et rapides. En revanche il faut bien se renseigner sur les frais que demande l’agence de location sud-africaine car cela va du simple au triple ! A part ça, peu d’attraits dans ce petit pays d’un million d’habitants qui a tout d’une parfaite dictature, avec son monarque absolu polygame, son absence de partis politiques ou de presse. Ce qui nous a marqués dans le peu qu’on a vu, ce sont surtout les nombreux travailleurs attendant le long de la route un hypothétique bus. Le pays est néanmoins plus développé et accessible que le Lesotho voisin, lui totalement enclavé dans l’Afrique du Sud. Nous sommes restés dans sa partie est, faisant une halte de 2 nuits dans un merveilleux hôtel dont on veut vous parler.

a_vous_bel_hotelA vous le bon hôtel !
Mbuluzi Game Reserve. Mbuluzi Game Reserve – A private little paradise in Eswatini
En Eswatini il y a plusieurs belles réserves privées avec de superbes lodges. Les prix sont moins élevés qu’en Afrique du Sud, et c’était pour nous l’occasion de faire une pause confort après le Kruger. L’accueil a été très chaleureux et on a littéralement dormi dans la réserve, dans un logement à peine croyable. Imaginez un peu : en plein milieu de la nature une maison d’architecte avec son immense séjour, ses chambres spacieuses, sa déco au top et sa piscine privée donnant sur la rivière aux crocodiles. Et à quelques minutes à pieds on tombe sur des zèbres ou on croise des girafes. C’est la magie de cet endroit : la réserve ne comptant pas de Big Five, on peut s’y promener librement, et ça faisait du bien de marcher !

Le Kwazulu Natal

Quel état divers et étonnant ! Après avoir traversé l’Eswatini, c’est la prolongation logique de la boucle, et on arrive doucement vers l’Océan, dans le pays zoulou.

Le parc national Hluhluwe-Umfolozi. Ce magnifique parc est accessible depuis Sainte Lucie, ou, comme nous l’avons fait, il est possible de le traverser du nord (depuis l’Eswatini, entrée par le Memorial Gate) au sud-est (sortie par le Nyalazi Gate). C’est LE parc connu pour les rhinocéros (1600 blancs et 400 noirs, dans un parc 20 fois moins grand que le Kruger). Ce n’est pas un mythe, nous avons vu notre premier littéralement 5 minutes après notre arrivée ! On a même eu la chance de voir un bébé, certes aux jumelles car éloigné avec sa maman. Le parc est par ailleurs très agréable et vallonné, et offre un climat et des panoramas qui le distinguent des autres.

Sainte Lucie. Une superbe halte reposante, vraiment incontournable. Il faut y passer deux ou trois jours complets car le village est aussi petit que ses points d’intérêts sont nombreux. Pour une fois on peut y marcher, à ce détail près qu’on peut se retrouver nez-à-nez avec des hippopotames qui s’y baladent en soirée – ce qui fait de Sainte Lucie un lieu unique et mondialement réputé. Nous n’avons pas eu la chance d’en voir en goguette lors de notre passage. Nous sommes donc allés à leur rencontre dans le tour classique, proposé par de nombreuses agences (à réserver un peu en avance en pleine saison). Ce tour d’environ 2 heures vous emmène sur l’estuaire Sainte Lucie, où on croise des dizaines d’hippopotames et des crocodiles. La meilleure heure est le coucher du soleil, pour la belle luminosité et voir davantage d’animaux. A pied cette fois, nous conseillons la balade d’Estuary Beach. Aménagée, elle traverse la mangrove ombragée pour arriver sur une très belle plage aux énormes rouleaux. Attention au soleil, rien pour se protéger ! Sainte Lucie est également une des portes d’entrée du pays zoulou. Il est possible de visiter des villages plus ou moins authentiques pour découvrir cette culture. Nous sommes allés à une reconstitution. A quelques kilomètres de Sainte-Lucie se trouve un autre parc national, ou il faut passer une journée entière : Isimangaliso Wetland Park. La partie est de ce parc – la plus intéressante – est coincée entre un immense lac et l’Océan Indien. Les arrêts sont nombreux, que ce soit pour les points de vue, miradors ou plages, le long de la route principale. Si le parc continue jusqu’à la frontière du Mozambique, en venant de Sainte Lucie la route s’arrête littéralement à Cape Vidal, une magnifique plage où certains osent se baigner. On a adoré passer de l’océan à une presque savane en quelques kilomètres. On y a vu les mêmes animaux qu’ailleurs mais avec davantage de proximité encore et en troupeaux ! Pique-nique obligatoire car il n’y a aucune infrastructure, ce qui accentue encore l’impression de bout du monde.

Durban. Nous y avons passé juste une journée car notre pause « vacances » du voyage avait lieu plus au nord de la côte, dans la station balnéaire de Shaka’s Rock. Ça nous a semblé plus calme que Durban, 2ème ville du pays, un des plus grands ports d’Afrique et qui connait une forte insécurité. Nous nous sommes cantonnés aux points les plus touristiques et réputés pour être sécurisés : la plage de North Beach, son ambiance très décontractée et ses baigneurs sous la très belle jetée Whalebone (ressemblant à une baleine) à Umhlanga ; le Victoria Street Market où on a de loin trouvé le meilleur rapport qualité-prix pour l’artisanat local ; et l’impressionnant Mohses Mabhida Stadium, flanqué de sa légendaire statue de Nelson Mandela. A noter aussi que Durban est la ville comptant le plus d’immigrés indiens. Cela se voit dans la présence de temples hindouistes ou de mosquées, mais aussi dans de nombreux restaurants indiens.

a_vous_miamA vous le miam ! Ce qu’on a préféré manger en Afrique du Sud ? La nourriture indienne ! On blague à peine, c’est bien à Durban qu’on s’est régalés. Il faut aussi tester la spécialité locale, créée par les immigrés indiens : le bunny show, un curry (très épicé !) servi dans un gros pain de mie évidé. Ailleurs, nous avons alterné entre fast-food (l’offre de restauration la plus nombreuse et répandue) et de très bons morceaux de viande, à petit prix, cuite au brai (le barbecue local). A force on ne vous cache pas qu’on avait envie de manger un peu plus léger et des légumes !

unescoDrakensberg
[Attention, route longue et pénible pour quitter Durban et rejoindre le Drakensberg, avec beaucoup de camions !]
Dernière grosse étape de notre boucle, à quelques heures au sud-ouest de Johannesburg, se trouve le mythique massif du Drakensberg, à la frontière du Lesotho. Les logements ici sont épars et peu nombreux donc chers. Nous avons eu la chance de passer deux nuits dans un super club de vacances que nous recommandons pour son emplacement, son super prix et ses services et jeux pour enfants : AKTV Drakensville. A partir de là nous sommes allés dans la partie la plus connue du massif, le Royal Natal National Park. Nous avons choisi le trek le plus accessible pour nous et les petites jambes de Nora, 4 ans et demie : au départ du camping Mahai, la cascade loop et Tiger Falls, pour une bonne balade de 3 heures. Nous étions seuls sur ce magnifique chemin au pied de l’Amphithéâtre. Cette région doit être idyllique pour les gros marcheurs, avec des dizaines d’options possibles et une nature impressionnante qui nous a par moments rappelé la Nouvelle-Zélande. Pour nous le voyage s’est arrêté ici, avec une magnifique route pour quitter le Drakensberg. Nous nous arrêtions toutes les 5 minutes devant ces panoramas magiques, qui délaissaient les montagnes brutes pour des formations rocheuses dignes de l’Utah et de Monument Valley. Décidément, le Kwazulu-Natal et même l’Afrique du Sud nous auront étonnés jusqu’au bout !

La prochaine fois : Le Cap !

Un peu de musique en regardant les photos ? Asimbonanga de Johnny Clegg et Savuka.