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Carte_ChiliEn bref

Office du tourisme
Patrimoine Unesco
Les conseils de France diplomatie
Quand y aller
Budget moyen : 37€/jour/personne
Langues : espagnol
Nombre d’habitants : 17 millions (2015)

 
 
 
 
 
 
 
 

Carnet de voyage en Chili

Quand
Conditions
Ce qu’on attendait de la destination
Bilan
Nos conseils
Où nous sommes allés
La prochaine fois
Galerie photos

Quand : Un mois en novembre 2015, dans le cadre de notre tour du monde.

Conditions : Plusieurs vols intérieurs, plusieurs locations de voiture, hébergements réservés au tout dernier moment.

Ce qu’on attendait de la destination : A vrai dire, pas énormément. Pour la fin de l’Amérique latine nous avions le choix entre Argentine et Chili et ce dernier nous a paru plus simple d’organisation.

Bilan : Une belle découverte, un gros coup de cœur ! Tout nous y a semblé simple et accueillant. Et quelle variété ! Du Nord désertique au sud glacé, des villes coloniales à l’île de Pâques tellement isolée, le Chili peut offrir des semaines voire des mois de vadrouille chaque fois renouvelée.  Le contact avec les habitants a achevé de nous convaincre ; nous avons rarement autant parlé en voyage. Assez cocasse quand on sait que les Chiliens parlent plus chilien qu’espagnol, avec un accent et des mots bien à eux !

Nos conseils : Courrez-y ! Encore peu de touristes dans certains endroits, et surtout beaucoup plus d’échanges qu’au Pérou ou Bolivie. 6000 kilomètres séparent le nord du sud du pays. Il faut donc bien choisir ses étapes si on a peu de temps, prendre l’avion (bon marché) quand il le faut. Le climat est à surveiller, ainsi que les dernières informations concernant les catastrophes naturelles (tremblements de terre, inondations, éruptions fréquentes – ici la nature est reine). Si vous décider de passer par l’île de Pâques, prévoir un budget encore plus conséquent !

Où nous sommes allés :

DSC04812San Pedro de Atacama. L’un des endroits les plus touristiques du Chili et ça se ressent au niveau du prix. On est ici en plein désert d’Atacama, à une petite heure de route de la Bolivie, des montagnes du Sud Lipez et du volcan Licancabur. Les possibilités de visite autour de ce gros bourg poussiéreux sont légion. Les agences sont nombreuses et il est un peu dur de s’y retrouver. Nous avons jeté notre dévolu sur la Vallée de la Lune, aux paysages aussi désertiques qu’oniriques. Autre jour autre découverte, la Pukara de Quitor. C’est ce qu’il reste d’un village inca et pré-inca que les Conquistadores ont allègrement rasé lors de leur venue, décapitant au passage 300 Indiens atacameños. L’intérêt du lieu est surtout le mirador à 70 mètres de hauteur, qui offre une vue splendide sur la vallée et le volcan Licancabur. Autre idée pour une soirée : une sortie astronomique sous le ciel le plus pur du monde ! Nous avons passé deux heures avec avec Alain Maury, un Français installé dans la région. En 2 heures et demie, on apprend plein de choses passionnantes sur le ciel et ses mystères, et on observe plein de phénomènes célestes à travers une quinzaine de télescopes. Un must dans la région.

Antofagasta. Ce fut pour nous une simple étape entre le Grand Nord et la Serena. La ville est intéressante par son histoire et son symbole. C’est en effet la région qui a été prise à la Bolivie à la fin du 19ème siècle lors de la guerre du Pacifique, ce qui est encore une source de ressentiments entre les deux pays, comme l’explique bien le musée local. La ville est plutôt industrielle et assez riche, grâce aux anciennes mines d’argent et aux mines actuelles de salpêtre. Nous avons en tout cas apprécié son port et son marché aux poissons.

La Serena. Fondée en 1544, c’est la deuxième ville construite au Chili après Santiago. On est dans une ville coloniale hispanique par excellence, avec son plan en damier, son agréable place centrale et ses 30 églises. A voir, le musée archéologique où se trouve un moai, ou encore le jardin japonais.  L’Avenida del Mar est réputée pour être LA station balnéaire chilienne l’été mais elle est plutôt excentrée et bétonnée. La Serena offre une bonne base pour visiter la Vallée del Elqui. Les vignes, les villages, la douceur font penser au sud de la France, c’est perturbant ! C’est l’occasion de partir sur les traces de Gabriela Mistral, Prix Nobel de Littérature en 1945. Tout au long du Rio Elqui, on y trouve sa maison, sa tombe, un musée qui lui y est consacré et de nombreuses maisons culturelles. Le plus intéressant : la petite ville de Vicuna et sa casa museo qui relate la vie des familles bourgeoises au siècle dernier dans la région. On peut consacrer  à ces visites une journée ou une semaine si on veut profiter de l’ambiance new age de Pisco Elqui. Et bien sûr pour les aficionados, c’est ici qu’est produit le pisco, le fameux alcool que le Pérou et le Chili se disputent comme boisson nationale.

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DSC05177Valparaiso… Un nom plein de promesses n’est-ce pas ? Ancien port qui craint, lieu de rencontres improbables, capitale du street art désormais patrimoine mondial de l’UNESCO. Nous avons passé 3 jours dans cette ville envoûtante qui rappelle tout à la fois Lisbonne, San Francisco et Montmartre. Pour se déplacer dans les cerros, c’est avec un trolley hors d’âge ou des ascenseurs bon marché. Les plus belles peintures sont dans le cerro Palanco, alors que Concepcion et Allegre sont les plus touristiques. Ce n’est pas toujours très propre, ça grouille un peu, mais c’est terriblement vivant et stimulant. Dans le cœur « plat » de « Valpo » autour du port, on se croit plutôt dans le New York des années 30, avec les hauts immeubles désaffectés et les magasins aux vieilles devantures grises. Un immanquable :  la Sebastiana, maison (ou plutôt une des maisons) du grand poète chilien Pablo Neruda, mort quelques jours après le coup d’état de 1973. Il s’était aménagé un joli cocon avec une magnifique vue sur toute la baie.

Santiago du Chili. Capitale pas désagréable du tout, même si moins charmante que d’autres villes chiliennes et surtout très étendue, ce qui en complique sa découverte. Nous y avons passé quelques jours, avant et après la Patagonie. Le métro est indispensable pour en parcourir les différents quartiers. Autour de la Plaza de Armas se trouvent la cathédrale et le musée historique national (gratuit). A l’Est, agréable jardin du cerro Santa Lucia, puis quartier bobo de Lasterria avec le centre culturel Gabriel Mistral. Mais ce qui nous a le plus marqués est le musée de la mémoire et des droits humains. Gratuit, avec un audioguide passionnant, il offre de quoi se plonger pour une demi-journée dans le Chili de Pinochet. Mort de Salvador Allende, outils de propagande, torture, place des  enfants ou de la société civile… le tout présenté de manière didactique et interactive. Une très grande réussite.

Patagonie. Nous avons choisi de poursuivre notre découverte du Chili dans le Grand Sud, la Patagonie et les alentours du détroit de Magellan. La région s’appelle donc Magallanes en espagnol. Avion essentiel pour y arriver. Nous sommes arrivés à Punta Arenas, une des villes les plus méridionales du pays. Cette zone rattachée au Chili en 1843 a pendant des décennies été colonisée par des Européens de tous horizons, des Allemands, quelques Français et surtout beaucoup de Croates (eh oui). Il faut en avoir du caractère pour supporter cet isolement, le froid qui s’abat presque toute l’année sur ces fjords et des vents épouvantables (on n’est pas très loin de la Terre de Feu et des 40èmes rugissant du Cap Horn). Cette ville donne vraiment des impressions de bout du monde. Quelques endroits plutôt intéressants à visiter si comme pour nous le climat vous empêche de faire des visites extérieures : le musée régional des Magallanes (gratuit) et le musée Nao Victoria – il s’agit en fait de reconstitutions de bateaux historiques réalisées par des passionnés. Depuis la ville, une excursion pas donnée mais très agréable : les pingouins de Magellan situés sur l’Isla Magdalena. Selon l’époque, il y en a jusqu’à plusieurs milliers ! C’est tellement amusant de les voir se dandiner, tourner la tête dans tous les sens, parfois tomber.

DSC05594A 3 heures au nord de Punta Arenas, avec un peu moins de vent et beaucoup plus de touristes se trouve la ville de Puerto Natales, porte d’entrée du parc Torres del Paine, où nous avons passé 3 jours. Le trek le plus connu est le W, qui se parcourt en 5 jours. C’était un peu trop… physique pour nous, et nous avons choisi des treks plus courts et ciblés. Partout dans le parc il est possible de voir en toute liberté des guanacos (le camélidé local), beaucoup d’oiseaux (que nous ne savons pas identifier…) et quelques nandus (une sorte d’autruche). Le sentier de los Cuernos emmène à un panorama magnifique sur l’une des nombreuses lagunes du parc. Le must est sans conteste le trek de Las Torres, 18km et 7 heures, une des branches du W. Avec un temps magnifique comme nous avons eu, c’est sans conteste l’un des paysages les plus marquants d’une vie. Autre grand moment : la  découverte du glacier Grey, une première pour nous. C’est sur une superbe plage au bord de laquelle flottent des icebergs qu’il faut embarquer. Au bout d’1h30 de navigation sur le lac, on longe le magnifique glacier et son blanc/bleu immaculé. Magnifique mais en danger puisqu’en raison du changement climatique, il recule de près de 100 mètres par an ! Pour les fans de glaciers,  il est aussi possible d’en voir dans le parc Bernard O’Higgins. La navigation se fait cette fois entre les fjords et la baie de l’Ultima Esperanza. On voit d’abord le glacier Balmaceda, qui touchait encore la mer il y a 50 ans et qui recule toujours plus… Puis on marche vers le glacier Serrano qui paraît en meilleure forme et offre une étonnante symphonie de couleurs et de formes. Le soir pour se réchauffer en ville, rien de pareil qu’un agneau patagon ou du saumon local.

a_vous_miamA vous le miam ! : Finalement il y a bien quelques endroits en Amérique du Sud où on peut échapper au triste poulet-riz. La qualité des produits est au rendez-vous  au Chili, qu’il s’agisse des poissons (avec une côte pareille, le contraire aurait été dommage) ou de la viande (par exemple le délicieux mouton de Patagonie). On a adoré les sushis d’ici, qui sont en fait surtout des rolls énormes mais faits avec des recettes qu’on ne connaît pas et avec du poisson bien frais. Niveau fast-food, c’est étonnamment pas mal, avec plusieurs chaînes locales d’un bon rapport qualité prix, dont Juan Maestro qui fait des sandwichs et burgers très frais et avec une viande de qualité. L’en-cas auquel on ne peut échapper ici est le completo qui est un hot-dog surmonté de purée d’avocat, de tomates en carré et de mayonnaise. C’est vraiment le moins cher (2€). Écrit comme ça ça peut dégoûter mais en fait ça passe bien ! On a aussi le churrasco, avec de la viande de bœuf noyée dans du fromage fondu et mise dans un sandwich

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Ile de Pâques. L’île la plus… isolée du monde. Située dans la zone géographique de la Polynésie, elle se mérite. Il faut 5 heures d’avion depuis Santiago, et un budget confortable tant les prix sur l’île flambent. Mais quel sentiment de privilège quand on y est enfin ! Nous y avons passé une semaine. Soit bien plus que la plupart des touristes qui voient « tout » en 48h – et c’est vrai que c’est jouable si le soleil est au rendez-vous. Nous avons voulu au contraire nous imprégner de la culture Rapa Nui (ici on ne parle jamais d’île de Pâques, nom utilisé par le Chili auquel l’île est rattachée depuis 1888). Les Rapa Nui parlent… Rapa Nui, langue polynésienne. Ils ne sont que 5000, dans la seule ville de l’île, Hanga Roa. Autant dire qu’on en a vite fait le tour. Et pourtant on ne s’y ennuie pas, à voir et revoir les sites très variés à divers moments de la journée, à se promener le long du Pacifique, à manger dans les bons restaurants un ceviche de thon par exemple. Il y a des sites peu connus, comme le musée, les grottes remplies de pétroglyphes, le volcan Rano Kau ou le village d’Orongo, d’où se faisait le départ pour le culte de l’homme oiseau, étonnante coutume à lire ici.   Nous avons gardé les sites les plus beaux pour les derniers jours, en ayant loué un 4*4. La route en elle-même est un régal, avec des distances courtes où souvent on ne croise personne, les superbes panoramas sur l’océan, les chevaux en liberté présents absolument partout… Et puis bien sûr il y a les moais. En allant de site en site en lisant et observant, on apprend plein de choses étonnantes : ils ont des mains, ils avaient des yeux et un chapeau appelé pukao, ils avaient des pétroglyphes dans le dos, la plupart d’entre eux sont aujourd’hui couchés sur le ventre etc… Les moais ont été réalisés de 800 à 1600, avant d’être méthodiquement renversés et détruits.

Aujourd’hui, les sites sont extrêmement bien préservés et présentés, accessibles avec un pass unique qu’on achète dès l’arrivée à l’aéroport. On découvre ici un moai restauré de A à Z (Tahai), là le plus grand de l’île, couché pour toujours (Ahu Te Pito Kura), ici un assemblage de pierres faisant furieusement penser à des vestiges incas (Vinapu) ce qui a nourri depuis des siècles pas mal de théories tirées par les cheveux. Il y a enfin les sites phares, ceux qui émeuvent et dégagent quelque chose d’inscriptible. Les plus marquants sont pour nous Tongariki, un ahu (plateforme cérémonielle) de 15 moais tous différents, tous magnifiques. Y voir le lever du soleil, avec comme arrière plan l’océan est magique ! Un autre site étonnant : la carrière de Rano Raraku : ici reposent tous les moais qui n’ont pas été finis, qui ont été abîmés lors de leur réalisation ou tout simplement abandonnés, soit près de 400. Seule une minorité des moais commencés arrivait effectivement sur un ahu, en l’honneur d’un dignitaire d’une des principales tribus. Les autres finissaient sur le chemin (d’où la dissémination des sculptures sur toute l’île) ou dans cette carrière. Autres lieux à ne pas manquer : la plage d’Anakena avec l’Ahu Nau Nau et l’Ahu Akivi, fait de 7 moais, les seuls de l’île à regarder la mer.

La prochaine fois : L’île Chiloé et la région des Lacs.

Un peu de musique en regardant les photos ? El dulce de leche de Tryo.

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