A la découverte de la Grande Terre‏

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Après quelques jours de repos à Lifou, nous louons une voiture pour faire (presque) le tour de la Grande Terre pendant une semaine. Nous découvrons une autre Calédonie, avec deux côtes et deux modes de vie très différents.

Commençons par l’ouest, la côte de Nouméa. Nous avions passé une journée dans la capitale de l’île, qui ne nous a pas vraiment charmés. Très étendue, avec un centre plutôt mal famé (paraît-il) dès la tombée de la nuit, elle ne donne pas envie de s’y attarder, si ce n’est pour visiter le beau centre culturel Jean-Marie Tjibaou. Nous préférons le plus sauvage, avec le parc provincial de la Rivière Bleue. Malheureusement il pleut toute la journée, mais les éclaircies nous permettent d’admirer la terre rouge du Grand Sud qui nous rappelle l’Afrique.

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DSC08590En remontant la côte, nous nous arrêtons à Bourail pour deux jours. On est ici chez les broussards, les Caldoches, c’est à dire les Européens présents depuis au moins 3 générations. Aujourd’hui vivant principalement de l’élevage, ils forment une communauté à part, et perpétuent la mémoire de leurs aïeux, la plupart condamnés et déportés de la métropole à la fin du 19ème siècle. Voici un épisode de l’histoire du territoire que nous ne soupçonnions pas. C’est bien en envoyant des criminels de droit commun mais aussi des opposants politiques comme les Communards que le Caillou a été peuplé. Nous visitons d’ailleurs l’ancien bagne de Fort Teremba, extrêmement intéressant. Mais Bourail, c’est aussi son lagon classé au patrimoine mondial de l’UNESCO. Pour admirer la barrière de corail, nous faisons depuis la plage de Poé une sortie qui allie bateau à fond de verre et snorkeling sur un sentier sous-marin. Nous n’imaginions pas une telle diversité parmi les coraux : des bleus qui piquent, des violets en forme de fer à cheval, des tout mous etc… Magnifique ! Les balade comme la baie des tortues ou la plage de la Roche Percée (avec le fameux Bonhomme en photo ci-contre) sont très sympa.

DSC08759Nous reprenons la route et changeons d’ambiance. La côte est à présent, nous donne l’impression d’être dans un autre pays. Ici vit une majorité de Kanaks. Comme sur les îles Loyauté, la tribu est la base de l’organisation sociale. Le rapport à l’autre est différent (par exemple tout le monde se salue sur la route). La végétation aussi est beaucoup plus exubérante (il y pleut plus qu’à l’ouest), les bananiers ont remplacé les flamboyants ; les paysages côtiers sont sublimes. Nous nous arrêtons 2 jours à Hienghene et visitons les alentours, dont la fameuse « poule pondeuse », des cascades ou les roches noires de Linderalique. Le plus intéressant, nous le découvrons par hasard, en accompagnant une auto-stoppeuse jusque dans le village de Tiendanite, enfoncé dans les montagnes, en bord d’une rivière. Ce lieu est symboliquement fort pour les Kanaks à 2 titres : c’est le lieu de naissance (et d’inhumation) de Jean-Marie Tjibaou, chantre de l’indépendance kanak ; par ailleurs le village fut le théâtre de l’assassinat de 10 Kanaks en décembre 1984, par des colons ensuite retrouvés… mais acquittés. Cet épisode, comme pas mal d’autres de l’histoire de l’île (spoliations de terres, enfants retirés à leurs parents, chefs coutumiers assassinés…) ne passe pas – et on commence à comprendre pourquoi.

Cette semaine nous aura fait découvrir de beaux endroits très variés, l’île est loin de se résumer à ses plages. Elle nous aura surtout permis de mieux percevoir l’enjeu pour le futur de la Nouvelle-Calédonie : connaître et reconnaître son histoire, se réconcilier avec elle-même.

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